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Sicilia 2013 : Côte sud. De Marinella à la marina di Palma

Lundi 14 octobre 2013

Dans la nuit les conditions s’améliorent, et au petit matin la mer est belle, il ne reste qu’une petite houle. Je prépare le kayak en mode je me casse de là. Tout est prêt, et là, même si je le sais déjà, je me rends compte à quel point ça peut être galère une mise à l’eau avec un kayak chargé (est il ne l’est vraiment pas trop) : la plage est toujours aussi pentue donc les vagues se cassent sur le bord. Dès que l’eau se retire il y a tout une zone où le sable est très mou, les pieds s’enfoncent…et le kayak reste littéralement collé dessus. Impossible de le bouger, il faut attendre qu’une vague arrive pour pouvoir le tirer jusqu’à ce qu’il flotte, évidemment dans la zone où les vagues se cassent, avec l’eau qui rentre dans le cockpit, etc, etc… C’est une petite houle est c’est vraiment le bordel pour embarquer, alors je n’ose même pas imaginer les jours précédents… Je passe les hauts fonds, une vague se dresse et déferle sur le kayak, histoire de marquer le coups, et je file vers Porto Palo. Au fur et à mesure la houle se dissipe, et en approchant du cap S.Marco, des risées plus en plus prononcées indiquent clairement que derrière le cap il se passe des choses. Je me pose 20 minutes sur une plage juste avant le cap pour manger un peu et même un petit sommeil réparateur de 15 minutes. Je reprends la mer avec un zeste d’adrénaline. Au fur et à mesure que je contourne le cap, je rencontre un vent de face que j’estime à 4b, et plus j’avance plus cela forcit. C’est en fait un beau flux de sud Est, comme d’habitude, ça moutonne sec et il y à de l’ambiance, même si ce n’est pas « très » fort, en solo c’est intense. Le kayak passe bien la mer, avec la dérive bien réglée pour un vent de travers ça se passe bien, mais il faut être volontaire pour garder le cap. Je me pose juste avant le port, ça souffle encore pas mal. Je fait des petites courses, un couple de Sicilien super sympas me garde le kayak…

Mardi 15 octobre 2013

Départ 07h25, arrivée 15h55, Distance parcourue : 26 miles. Une pause de 30 minutes à proximité la marine de Siculiana

Un avis de grand frais est prévu pour mercredi/jeudi, avec du 9b de NW. Là c’est du sérieux, du made in Méditerranée. Alors je pars tôt direction Porto Empedocle. C’est la première fois que je navigue dans une mer d’huile  depuis le début ! En approchant capo Bianco, ça tourne à l’ouest et j’en profite. Après Seccagrande, les paysages sont…magnifiques !!! Ca commence d’abord par une interminable plage de sable qu’il fait bon de suivre au plus près. Ensuite se profile capo Bianco avec des roches et des falaises blanches et jaunes, la navigation nécessite de l’attention car à partir du cap la côte est bardée de roches affleurantes, que les vagues du vent ne révèlent pas en plus ! Je fais une pause de 30 minute à la marine de Siculiana, le flux d’ouest se renforce. Très beau passages rocheux jusqu’à porto Empedocle, le relief donne une navigation du genre après une pointe il y a une pointe, qui cache une pointe qui elle même cache une, enfin vous savez la suite. Et à chaque passage de pointes un petit passage avec accélération du au flux de NW. Très sympas !!! L’aarivée sur Porto Empedocle se fait dans une ambiance plus ventée, au début je me pose sur une plage à environs 1,5 miles du port, mais cela ne me plaît pas, la plage est très exposée à l’ouest, ça pue, je retourne sur la pointe à un demi mile de là, je serai bien mieux. Effectivement là où je me pose c’est plus tranquille, la côte exposée est de l’autre côté de la pointe, je suis paré pour affronter le vent.

Mercredi 16 et jeudi 17 : Pas de navigation

Comme prévu le flux de NW se renforce au petit matin, vers 11h la mer est forte. C’est vraiment violent. Dans l’après midi je dois déplacer ma tente car avec l’arrivée de la houle, des vagues contournent la pointe pour venir s’écraser sur la plage. Monter une tente tunnel avec du 9b, entre des chardons des dunes, c’est du sport, mais une fois en place ça ne bouge plus. Le sable s’introduit de partout. Le soir c’est un peu moins fort, et jeudi le flux reprend mais avec moins d’intensité (7b).

Vendredi 18 octobre : De porto Empedocle à la marine di Palma

Au petit matin il reste de la houle, mais ça à l’air bien, la mer est belle. Je file, départ tardif, il y a des jours comme ça où ça prends un temps fou pour tout préparer. Je pars juste après 08h : tard. Il y a un peu de vent, Un coup du Nord Ouest, de Nord, d’Est. Avec la houle c’est vraiment génial pour organiser sa trajectoire ! D’autant plus que dès fois il y a du 3/4b. Au fur et à mesure du parcours, la houle se fait de plus en plus importante. La côte rocheuse est superbe, la houle toujours plus présente et change de caractère au fur et à mesure que je me rapproche d’une pointe (celle avec la bâtisse sur la carte). Il y a du courant et la houle vraiment rapide. En arrivant sur la pointe il faut énormément arrondir, il y a une vaste zone de hauts fonds, que du sable. Cela fait un moment depuis l’approche de cette pointe que j’observe les zones où ça déferle, il y a un petit îlot qui permet d’anticiper les trains de houle et leur intensité. Toute la zone est malsaine, et il faut vite traverser pour rejoindre une jolie bande bleue qui indique que l’eau est plus profonde. La houle passe à une vitesse pas possible, et à un moment une vague se dresse juste devant moi, puis déferle juste après ! Oulala… Je suis pourtant loin de là où ça déferle la plupart du temps. L’ambiance est magique avec ces superbes paysages, et ce côté hostile rend la scène complètement surréaliste… L’autre grand danger c’est qu’une fois la pointe passée, en régime de fuite (donc la houle de dos), je me rends compte que cela déferle aussi dans le sens du courant et loin de la pointe, donc je fais bien de rester loin du bord. On pourrait se sentir en sécurité à ce moment là et pourtant…J’ai ma dose pour aujourd’hui, j’ai la possibilité de me poser dans une zone abritée à la marine di Palma. Mon objectif initial était Licata, et il reste plus de 11 miles. Vu la houle et les courants, c’est déjà pas mal pour aujourd’hui. Demain la houle sera normalement plus faible, mieux pour envisager les passages rocheux jusqu’à Licata. Je parle avec un pêcheur qui part poser ses filets, il me demande si j’ai terminé ma navigation : oui ! Je lui parle de la pointe et il me dit : « d’abord excuse moi de te dire ça. Mais tu es tarés… Je connaît bien cet endroit, c’est très mauvais avec houle de NW !!! Oui j’ai vu ça… » Globalement les conditions étaient largement navigable, mais pour la pointe c’était vraiment la limite. J’avais pensé contourner l’îlot, mais ça déferlait aussi assez loin…

Demain j’espère faire au moins 25 miles.

Le jour suivant la houle arrive, le vent se renforce un peu : ce n’est pas un coup de vent loin de là, et je trouve les conditions de mer en décalage. C’est apparemment une particularité du coin, que le régime soit à l’Est où à l’Ouest. D’ailleurs personne ne sort pêcher, c’est un signe…

Je fais plus ample connaissance avec le pêcheur rencontré la veille, il s’agit d’Antonio, l’un des deux pêcheurs professionnels de la marina. Je dois faire quelques courses et il se propose de m’accompagner. Je peux ainsi refaire le plein, retirer des sous (dur dur de trouver un distributeur), et acheter des bons légumes sur les conseils avisés d’Antonio. Cela fait du bien de rencontrer des gens du coin, de profiter de l’ambiance de la vie locale… Nous sympathisons vraiment, nous partageons le même état d’esprit pour la mer et discutons philosophie de vie. J’en profite pour lui poser plein de questions sur son métier de pêcheur et expériences car cela fait plus de 30 ans qu’il pratique… C’était vraiment très sympa, je me propose de le prendre en photo avec sa barque le soir même, et visiblement c’est une idée qui lui fait très plaisir. Alors le rendez-vous est pris !

Si il y a une chose qui fonctionne à coup sur ici, ce sont les klaxons des voitures. Ici tout le monde se salue régulièrement à longueur de journée par un petit coup de klaxon. Moi aussi j’ai droit aux miens lorsque Antonio et quelques personnes passent à proximité de la tente ! :-) Le soir je retrouve Antonio pour la séance photo lorsqu’il part poser ses filet. Il y a un beau coucher de soleil, les conditions s’améliorent… Il faut vraiment que j’avance, je ne suis plus dans le timing, et à ce rythme, cela va devenir compliqué… A son retour je rencontre aussi Senior Zimmy Re qui habite la marina ; il me propose d’aller visiter les sites archéologiques et la cathédrale du coin, cela lui ferait tellement plaisir qu’il insiste pour que je décale mon départ au sur-lendemain. Mais ça ce n’est pas possible, et Antonio le sait aussi…

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