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Sicilia 2013 : Côte Est. De Capo Passero/Calabernardo au détroit de Messine.

26/10/13 Lodo di Noto/Calabernardo à Plage militaire

Le pliage de la tente est une catastrophe. Il y a une humidité pas possible, et j’ai beau faire très attention, il y a une grosse quantité de sable qui se colle sur et sous le double toit, le tapis de sol, les lanières, etc… C’est tellement trempé que même avec ma petite brosse je n’arrive pas à enlever grand chose. Je perds trop de temps avec ça, ça me gonfle de me lever à 05h00 et de devoir passer autant de temps à entretenir la tente. C’est surtout pour les fermetures éclairs que je m’inquiète le plus. L’objectif du jour est de me rapprocher au plus près de Siracuse. Le relief est très joli vers capo Negro, la plage de Galina se dévoile entre ces falaises, en bordure de la réserve naturelle Orientata Cavagrande del Cassibile. Il y a vraiment du courant au début dans la zone. Vers les pointes c’est très sensible et difficile d’en expliquer la provenance. A un moment il y a quelques roches qui sortent de l’eau, et beaucoup d’oiseaux dans le coin. C’est bien car dans l’ensemble depuis le début, je n’en ai pas vraiment vu beaucoup. Le relief s’aplanit vers Fontane Bianche, il y a une belle plage, mais la côte est essentiellement rocheuse. C’est un peu désert ici, vraiment pas beaucoup de pêcheurs sur l’eau, c’est très très calme. Probablement un endroit purement touristique, en saison ça doit être blindé. Passée la pointe qui suit en arrivant à proximité de la petite île Ognina, je vise la base de la face sud de capo Murro di Porco. Ce cap est vraiment imposant. Il y a quelques risées, il doit y avoir un peu de vent de l’autre côté, je ne m’inquiète pas. Mais en arrivant à proximité de la pointe je me rends compte qu’un demi tour impliquerait plusieurs kilomètres pour trouver une plage… Je fonce, il y a un flux d’Est de 3/4b, ça bouge bien au début ! A certains endroits en fonction du relief, on voit que le vent est accéléré comme dans un « couloir » Cela arrive à deux reprises et on voit très nettement la zone car cela moutonne franchement, mais c’est très ponctuel. Heureusement car la même chose en continue ça serait du sport… Ici il y a beaucoup plus de monde sur l’eau, beaucoup de voiliers qui avancent pas mal !… Passer de longues zones rocheuses est devenue une habitude maintenant. Il m’a fallu un temps d’adaptation car même si en Corse-Sardaigne il y en a aussi, c’est loin d’être comme en Sicile. Je recherche une petite plage nichée dans une petite crique juste avant le phare qui marque l’entrée dans le « golfe » de Siracuse. Je n’ai pas de raison d’y rentrer dans ce golfe vu que je souhaite le traverser directement le lendemain. Rentrer dans cette crique, c’est comme rentrer dans un mini Bonifacio ! Il y a une plage un peu trop touristique, et une autre plus petite bien plus sympa et déserte : normal il y a des bâtiments militaires (de vacance je présume) avec un accès uniquement possible par la mer. Pas de traces sur la plage, ça sera très très bien ! :-) Il y a une douche, avec un reste d’eau dans les tuyaux, j’en profite pour me laver les cheveux… Le bivouac est installé, lavage des vêtements car il y a des rambardes d’un ancien quai pour faire sécher tout ça. J’en profite aussi pour nettoyer la plage : ça me fait bouger un peu et ça vaudra bien le ticket de nuit…

27/10/13 Plage militaire à Plage à 6,6 miles de Catane

Après une nuit bien reposante, le départ s’annonce joli et tranquille. Je suis hyper motivé pour passer cette zone pétrolifère qui, si je ne me trompe pas, est l’une des plus grande d’Italie. VHF sur le pont, canal 16, en route. En partant je vois un beau poisson, un marbré je dirais, qui se débat dans un filet posé très près du bord hier soir, la barque de pêcheur arrive au même moment, c’est bientôt la fin pour lui… Sorti de la petite crique l’ambiance change immédiatement. Comme d’habitude risées du matin, comme d’habitude du 2/3b et même quelques moutons par moment. Je file pour passer Siracuse en direction du cap Santa Panagia et passé la ville je suis protégé du vent. Le cap se passe bien, la météo est bonne et je découvre les premières installations et le premier pétrolier. Je passe juste derrière, puis sous la digue. Le personnel d’un bateau de maintenance amarré au pétrolier me vois passer très près mais visiblement c’est monnaie courante : depuis le début je suis très étonné de voir à quel point plaisanciers et personnels des complexes pétrolifère se côtoient d’aussi près, une sorte de banalité totale qui paraît complètement surréaliste. Une banalité qui reflète à mes yeux la tolérance sournoise d’une machine de guerre contre laquelle personne ne peut lutter, et qui s’insère dans le quotidien des pêcheurs et plaisanciers de manière dramatique tellement tout cela paraît naturel. C’est évidemment une pensée bien naïve quand on pense à tout ça de manière globale, mais c’est le ressenti que j’ai sur l’eau en naviguant à ce moment là… et sur l’eau en kayak, on a vraiment le temps de penser à plein de choses… Je file vers la péninsule Magnisi, « petite » traversée sans problème, en soi la côte est belle mais c’est bien évidemment un massacre. J’arrive vers la grande digue qui bouche littéralement le golfe d’Augusta. Un pétrolier en approche, des bateaux pilotes qui naviguent par ci par là, et j’entends sur le canal 16 : Nave Sirocco Nave Sirocco, blablabla… Quoi ! Un avis de Sirocco ! Mais non Wilson, arrêtes tes conneries, c’est le nom du pétrolier en approche. Fallait qu’il s’appelle comme ça celui-là… La digue est passée, heureusement la météo se maintient, le vent se lève un peu en approchant le cap Santa Croce. Là sur le cap il y a beaucoup plus d’ambiance ! Du 3 /4b avec des risées à 5b (je sais je me répète!), pas vraiment d’endroit pour se poser mais c’est très beau. Il y a pas mal de touristes, l’accès à la mer se fait dans les roches, il y a une plate forme naturelle d’où les gens se baignent et ça à l’air très sympa, quelques barques de pêcheurs. Il faut « envoyer » un peu pour passer la pointe puis j’ai le vent de face puis de ¾ de face. Ça fera un bon pousse cul après le cap Campolato. La côte rocheuse est longue, je repère une maison avec une belle cale de halage où il est possible d’accoster si besoin (en cas de houle c’est même pas la peine). Tous ces caps sont décidément longs et très exposés. Je passe Capo Campolato dans une ambiance bien plus tranquille, avec enfin un vrai vent ¾ arrière. Ça fait vraiment du bien ça. Je vise maintenant Agnone d’où je pourrais faire plus tranquillement un peu de distance le long des grandes plages. Un peu au large de Brucoli j’aperçois devant moi un truc flottant bizarre, sûrement un bout de plastique. Je dévie ma trajectoire juste avant, c’est une tortue ! Une belle grosse tortue qui sort la tête de l’eau au moment où je passe. Génial ! Arrive donc Agnone, le vent se renforce, du 5b. J’ai encore la motivation et je m’amuse à passer au plus près du bord avec les vagues qui se lèvent plein travers. C’est un vrai plaisir avec ce kayak, le Kialivak chargé passe très bien la mer, je me surprends à penser à vouloir des vagues plus grosses. Dans ce régime là c’est plus confortable qu’avec le Bélouga : normal. Puis au bout d’un moment je me sens moins à l’aise là dedans, c’est la fatigue qui commence à se faire sentir : il faut penser à l’étape de demain, gérer son physique même si il est encore possible d’avancer. Je me pose à 6,6 miles de Catane. Pas aussi près que ce que j’avais envisagé, mais ce fut une « belle » journée de navigation, avec trois caps passés, une magnifique zone pétrolifère, une tortue, du vent… Et l’Etna qui se révèle franchement, Impressionnant déjà d’ici !

28/10/13 D’une plage, 6,6 miles avant Catane à Stazzo (19 miles)

Le réveil est difficile, le rangement très long… Je suis prêt à partir à 07h40. Pas si mal vu le bordel. Il y a une houlette de Nord Est, la mer du vent à mis longtemps pour se calmer cette nuit. Alors que je m’apprête à partir, un premier train de houle plus fort arrive, je ne m’y attendais pas et je rate mon départ. Je me remet en place dans l’axe et arrive à partir sans soucis, il n’y a pas beaucoup de fond donc ça lève très vite, je passe à travers deux jolis rouleaux, passe la zone, enlève la jupe et commence à vider l’eau du cockpit. Je me rends compte que mon porte carte n’est plus sur le pont. Merde, partis dans les rouleaux ! Sûrement à cause de la fatigue de ces derniers jours, j’avais le moral dans les chaussettes, là c’est la catastrophe. Je me repose à terre pour retrouver les cartes (et oui, il y avait les deux dedans…), en vain, il y a trop de courant latéral qui balaye la zone. Et merde. Normalement j’ai toujours un porte carte de secours, là il est dans la bagnole à Palerme. J’ai toujours une carte de secours, les deux étaient ensemble. J’attache toujours le porte carte au pont pour le départ ; là, vu que les conditions étaient bien, j’ai juste glissé sous les élastiques, bien serré quand même. Et voilà que cette houle arrive subitement, là, d’un coup ! Le moral à zéro, je décide de me poser au plus près de Catane, je navigue n’importe comment là… Puis je me motive et navigue. De toute façon j’ai un GPS. Ce train de houle se renforce vers le port de Catane, se calme de nouveau vers Cannizzaro près du bord. Le passage du petit port de Aci Trezza se fait entre de belles roches très très sympas, avec peu de fond et une eau d’une limpidité contrastant avec la roche noire… En passant la pointe juste après je serre les fesses, il y a du courant, ça lève des vagues de plus d’un mètre mais ça ne déferle pas. La zone malsaine dure quelques minutes, puis la houle reprend son train train normal. Je n’avais jamais passé quelque chose de similaire avant ! La forme et le mouvement de ces vagues sont très bizarres. C’est de l’expérience en plus. Le kayak passe sans broncher, ça tape à quelques reprises mais c’est tout. J’arrive au petit port de Stazzo, sur une petite plage de sable noir, ce n’est pas du sable fin mais de gros grains de sable, tout cela paraît très très très abrasif. Ici c’est de la roche volcanique ! L’ambiance est paisible ici, il y a un bar qui fait aussi sandwicherie. Ah ! Je file m’acheter un bout de pizza, un fourré riz viande et je sais pas trop quoi, un gâteau aux amandes et un coca. Miam. Ici j’arrive à me détendre, les gens sont sympas, je m’y sens bien. C’est important parce qu’en solo il faut bien faire attention à ces coups de fatigues qui se révèlent de manière vicieuse. J’ai déjà un peu l’expérience de ça avec la Corse et la Sardaigne. En fait je le gère bien mieux qu’à cette époque. Et puis un coup de téléphone de papa, de maman, ça fait du bien ! :-) C’est important la famille dans ces moments là. On repense aux messages dans le livre d’or, à toutes les personnes rencontrées en chemin, qui chacune à sa manière donne un petit coup de pouce à cette aventure. La nuit est reposante, je suis de nouveau d’attaque.

29/10/13 De Stazzo à 9,6 miles de Messine 07h25 à 16h33 29 miles

Départ très sympa avec un beau lever de soleil sur les roches noires et l’Etna en irruption en fond de toile. Le tracé est évident, superbe ambiance et belles risées du matin, comme d’habitude. Je passe rapidement le petit port de Pozzillo, c’est très troublant de naviguer avec un changement d’ambiance si radical depuis Catane, je trouve cette partie vraiment très jolie. Déjà la couleur noire et toutes les nuances qui vont avec. La forme des roches, tantôt saillantes, tantôt arrondies, bordées de végétation abondante, envahissante par endroits, plus éparse dans les roches de temps à autres ou littéralement posée comme un tapis très dense d’arbres et de broussailles en haut des falaises. Parmi les formes des roches apparaissent de petits monuments religieux, des stèles, et il est difficile de dire si c’est taillé dans la roche ou construit, mais cela donne envie d’y flâner d’un peu plus près, de se poser à terre pour éclaircir un peu tout ces mystères, mais je n’en ai pas le temps. La météo est avec moi et ce qui est sûr c’est que cela ne va pas durer éternellement, si je puis dire… Les petits ports ont tous leur petit caractère, Pozzillo est plus ouvert sur l’Etna. Dans la zone on est au plus proche ! Arrive ensuite Riposto, là je ne m’attarde pas, c’est grand, c’est la ville. La plage qui suit est très longue, et pas de vent. En arrivant vers la pointe juste avant Giardini-Naxos, un gros bimoteur de surveillance maritime passe déjà pas très haut au dessus en direction de Messine. Il y a quelques rides un peu au large, la brise arrive. Et elle arrive juste au moment où cet appareil effectue de nouveau un passage très très bas en contre sens de ma route. L’avion passe, la brise l’accompagne juste à ce moment là ! Évidemment de face. Cela se renforce sensiblement dans le petit golfe de quelques miles que je traverse rapidement, avant les roches de Taormina. Il y a un ferry de croisière au mouillage, ça donne la perspective pour ma navigation jusqu’à la pointe. L’endroit est très touristique, normal avec ces jolies plages entres les roches ! La dernière pointe avant de basculer de nouveau sur une très longue plage (menant à Messine c’est pour dire) est l’occasion de constater un deuxième phénomène de courant genre un peu rivière avec des vagues de 50cm et petits tourbillons le long du relief. Ça se passe très bien mais c’est surprenant ! A ce moment là le vent passe au Sud, je l’ai donc dans le dos, ¾ arrière : vraiment bien pour finir la journée et faire un peu de distance. Je me pose à une distance raisonnable de Messine, suffisamment pour envisager de passer le détroit correctement, c’est à dire pas trop tard. Le courant semble changer de sens tous les deux jours, et visiblement demain ça sera encore favorable pour passer.

30/10/13 Détroit de Messine à Une plage

Nous y voilà, le fameux détroit de Messine ! J’ai entendu pas mal de choses sur ce détroit, des tourbillons, des conditions pouvant rendre la navigation dangereuse, etc… C’est en tout cas un passage clé de ce périple ! Au moment de partir la mer est calme, quelques rides pourraient annoncer un vent de secteur sud, en fait c’est rapidement le cas. Je ne tarde donc pas, il est tôt et ça va très certainement se renforcer. Doucement mais sûrement apparaissent des rafales, du 4b. En arrivant à environs 2 miles du port, c’est du 3b avec rafales à 4b. Les premiers phénomènes que j’observe arrivent sans prévenir, visiblement c’est banal pour les gens du coin qui pêchent ardemment la sardine. Les rafales se renforcent franchement, et vers une pointe c’est de nouveau comme une rivière, le vent se manifeste de manière très bizarre à certains endroits, les vagues de courants se révèlent au passage, en fait ça se lève subitement : les vagues grossissent d’un coup. Je navigue très près du bord et vers cette pointe il y a trois mètres de calme et ça fuse juste à côté. Ça passe bien mais c’est très surprenant pour un gars de la Méditerrané  comme moi ! Ça ferait aussi très certainement sourire les Bretons :-) Il n’empêche que le phénomène est là. En arrivant vers la pointe S. Raineri, avant de basculer à l’Ouest vers l’entrée du port, je vois arriver de belles vagues, probablement d’un ferry ? En fait non il doit s’agir de vagues de courant qui contournent ponctuellement la pointe. Je ne me pose pas de question, maintenant il faut passer le port et là vu le trafic cela va être du sport… Je me met au plus près des rocher pour me protéger du vent qui s’y engouffre, les ferry’s passent très près, un premier, un deuxième, un « mini » ferry privé, encore un autre bateau, ça n’arrête pas. Un bateau pilote se dirige vers un cargo en approche, je suis repéré, ce qui est une bonne chose. Le cargo est arrêté, je fonce et le temps de traverser l’entrée du port (c’est toujours impressionnant de voir ces engins de près et de face, quelle largeur!) le cargo y est déjà quasiment entré… Il y a ensuite les quais des cargos faisant sans cesse la liaison vers l’Italie. Vite vite, il y en a un en approche. Pas franchement agréable tout ça, le vent se renforce et je perd un temps fou ! En arrivant vers toutes ces petites digues ou sont logées barques de pêcheurs, petites plages, la mer a changé d’état, les vagues provoquent du ressac sur les digues, ça bouge dans tout les sens mais c’est encore bon pour naviguer, et puis les pêcheurs s’acharnent toujours avec les sardines, donc ça doit être bon. Je me pose vite fait derrière l’une de ces digues où des pêcheurs réparent leurs casiers. L’un d’entre eux est très sympa : « si tu veux passer maintenant c’est encore bon, le courant n’est pas trop fort là, mais ce vent de sud va se renforcer rapidement dans l’après-midi ». Vu comment cela a forci en 30 minutes, je me dis qu’effectivement si je veux passer, c’est maintenant. Pas franchement engageant quand même. Un autre gars me dit qu’il est possible de passer par les canaux, l’entrée n’étant pas loin entre deux digues. Voilà une option intéressante au cas où ! Mon ressenti sur la situation me dit que ça commence à être chaud, mais ça passe. Je repars, c’est encore un peu plus fort et là tout les pêcheurs ont littéralement disparu ! Plus personne sur l’eau, sauf les gros. Il me reste un peu plus 20 minutes pour passer la pointe, 20 minutes c’est rien, et c’est beaucoup… Je choisis l’option canaux. Il y a deux entrées, la plus proche est une sorte de trou carré dans une construction entre deux digues, j’aperçois des barques dans le canal derrière mais il me faut un certain temps pour comprendre qu’il faille que je passe là. Avec les vagues, euh, ça va être encore du sport là… Les vagues qui rebondissent atténuent un peu les autres qui arrivent, il faut juste « refuser » d’être pris par une vague pour ne pas partir au « surf » même si elles sont très courtes (très rapprochées les unes des autres et d’une hauteur que j’estime en moyenne à 80cm, des fois plus) sinon pas bon du tout… Je fonce maintenant car si j’attend trop pour rentrer là dedans, ça risque de ne rapidement plus passer du tout. Je me retrouve dans l’axe de l’entrée, profite de vagues plus petites pour me faufiler dans le trou de serrure, il y a une main courante dans le petit tunnel pour les barques, et d’un coup je me retrouve dans le calme total, royaume des canards et des poules d’eau… Ça change :-) Le premier sentiment de culpabilité de ne pas avoir passé la pointe par « l’extérieur » se fait vite sentir. Il n’est jamais facile de rester objectif dans ce genres de situations, et encore moins facile de digérer une prise de décision pourtant bien réfléchie. J’ai choisi l’option sécurité, au détriment d’un petit bout de côte, mais je suis sûr de pouvoir naviguer aujourd’hui et demain, ce qui n’est pas le cas de l’autre côté car demain cela ne sera pas navigable, ça c’est une certitude. L’ambiance dans les canaux est très sympa, j’aperçois le grand pylône rouge et blanc de plus de 200m de haut, vestige des années où la Sicile était encore alimenté par voie aérienne, désormais classé monument historique… Arrivé de l’autre côté, il faut passer une bute de sable pour atteindre la côte Nord… Je décide de longer un bout de la pointe côté à l’Est, cela me fait perdre du temps mais j’ai trop envie de voir… Ça souffle, arrive au moment où des kite et windsurf balayent la zone : si je passe je vais me faire tailler un short. Je fais demi-tour et content d’avoir passé Messine, aborde la côte Nord ! Les rafales sont intenses parfois mais la mer est absolument plate de ce côté. J’ai perdu énormément de temps dans le détroit, et je suis vraiment loin de la distance que j’avais prévu, mais le détroit est passé, et ça c’est très important pour la suite. Je me pose sur une plage un peu au hasard, surtout en fonction de l’heure. J’ai aussi en tête de recharger ma carte carte SIM italienne, mais impossible. Depuis hier je n’ai plus de météo, et après un temps fou passé avec trois opératrices différentes de Wind, je découvre qu’il n’est pas possible d’utiliser une carte Visa ou autre si elle n’est pas d’origine Italienne ! Il faudra donc que je me rende dans un bureau de tabac ou un bar pour recharger… Pour une fois j’ai essayé de trouver quelqu’un qui avait internet pour essayer en ligne, mais là oû je suis toutes les maisons sont barricadées avec des murs très hauts, des portails qui paraissent blindés et même pour certaines, il y a un gars dans son jardin qui fait la sourde oreille… Je verrai ça à Milazzo, après une bonne nuit !…

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